Me foutre dans l'eau.
Plonger, ou me laisser couler?
Me laisser envahir par les bruits assourdis.
Ecouter l'éloignement du monde.
Se sentir malgré tout en sécurité.
Regarder les bulles qui s'échappent, comme si elles connaissaient de la vie vie. Oxygénée.
Lever la tête vers la lumière, y deviner la surface, distinguer les mouvements des nageurs, entendre les lointains rires d'enfants.
Admettre le choix: remonter ou pas.
Rester dans les profondeurs, comme dans une bulle, dans cette sécurité tuante, extinctive..
Ou remonter, prendre ces bouffées d'air et se frotter à la vie, à ces vies, aux piquants, et aux quelques facilités aussi...
Remontons sur terre.
En fait, de l'eau, oui. Il y en a.
Mais en surface puisque je ne suis pas apnéïste.
Les pieds dans l'eau.
Ces mêmes pieds qui en ont suivis d'autres bien plus petits.
Robin, 3 ans, est allé spontanément se tremper les pieds.
Lui qui avait tant peur de cette eau, s'est mouillé, de lui même.
Son sourire, inconscient peut-être de cette étape, avoir surmonté sa frayeur, son bonheur d'être dans l'eau, ses mots « c'est chouette l'eau maman! », nous ont transportés de joie, tel un soulagement.
Me dire que si ce petit homme peut vaincre ses peurs, pourquoi pas moi?
Lacher du lest.
M'allonger sur la serviette posée dans l'herbe et fermer les yeux.
Me laisser aller à écouter, non le flot des vagues, mais les discussions voisines, les histoires de vacances, des choses banales, mais qui mises bout à bout font le piment des vies.
Aller vivre dans le piment de ma vie.
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