Vous souvenez vous de votre tout premier concert. Celui où, impatiemment, vous attendez sagement assis dans le fauteuil, que le rideau se lève, que quelquechose se passe. Voir quelqu'un chanter sur une scène....
J'avais 9 ans, je suis entrée dans ce théatre de Rueil que je connaissais déjà, mais vu des planches puisque j'y avais joué avec mon groupe de danse, je me suis assise dans ce fauteuil bordeaux, je m'y suis fait toute petite, une pensée pour maman grippée qui me laissait malgré elle sa place,...
Et les musiciens sont entrés... la musique m'a entrainée tout de suite.. Et il est entré. Et il a commencé à chanter... Sa voix m'a propulsée dans le fond de mon siège, des fourmis sont venues me chatouiller les orteils, et mes jambes, mes mains ont dansé... J'étais, non pas en extase, mais heureuse. Heureuse de voir cet homme, ce Ray Charles, jouer du piano alors qu'il n'y voyait rien, chanter, me transmettre sa bonne humeur, sa joie de vivre.
Je crois bien que c'est à partir de ce jour que j'ai aimé la musique. Au sens large.
*Après vérification des dates, je n'avais pas 9 mais 12 ans lorsque Ray Charles est venu se produire à Rueil, le 24 avril 1987.
Il y a des soirs comme ce soir. des soirs où, rentrée du cours de sculpture, il serait nécessaire de prendre une douche pour retirer tous ces éclats de pierre. Des soirs où, pensant au lendemain qui risque d'être fatigué, il me serait utile d'aller me coucher au lieu de flâner de blog en blog. Des soirs où il pourrait être nécessaire de prendre des décisions... concernant ma vie professionnelle par exemple.
Des soirs où je me rends compte, (des soirs que je me rends compte?) que j'avance pas je recule. Des soirs où je relis quelques notes passées comme celle-ci et je me demande ce qui a pu m'arriver depuis. Pourquoi suis-je au point mort? (bordel!)
I have a dream... il est des nuits où je rêve.. il est des nuits où ma fille rêve..
Il est des matins où ma puce éclate en sanglots, comme ça, sans prévenir, pendant le petit-déjeuner. Un rêve lui revenant en mémoire. Elle a rêvé d'accident de voiture avec Papa. Alors, sans essayer de la psychanalyser, je l'écoute ne rien me dire de plus. Je ne la rassure que comme je peux. Je lui propose juste de lui raconter mon rêve de la même nuit. Et elle accepte.
Sans intention de la faire mourir de rire, je lui raconte que la nuit passée, je me suis retrouvée, je ne sais comment, en haut d'un arbre. La vue n'en était que peu dégagée, mais cet arbre était bien particulier. Parce qu'il marche. Je m'accroche aux branchages, presque comme pour cacher mes yeux, et puis je me trouve bête, alors je décide finalement de me laisser porter par une branche, et de profiter du paysage. Nous arrivons dans une forêt d'arbustes, je descend, je regarde autour de moi, il y a une atmosphère particulière, presque familière qui me fait dire: "je me retrouve enfin, je me retrouve parmi les miens, je suis chez moi".
à force de vivre douloureusement, de toujours vouloir trouver une explication à tout, d'interprêter, je m'épuise. Il me faudrait trouver encore un peu d'énergie pour faire le tri entre ce qui est valable à mes yeux et ce qui ne l'est pas. Cesser aussi d'écrire à demi-mots et aller vraiment au fond des choses. Toucher ceux qui sont vivants et proches, et oublier cet écran froid. Retenir la petite phrase du matin: "il faut que j'aille sur ton blog pour savoir comment tu vas?"
La culpabilité est toujours collée à mes basques, et j'aimerai trouver un moyen d'installer un filtre pour enfin faire la part des choses. Culpabiliser pour un oui, ou pour un non, ne mène à rien. Enfin si, ça mène à rester devant ce PC à la con.
Pour rebondir sur la "petite phrase du matin", ce blog n'est peut-être pas mon reflet parfait, peut-être un exutoire, peut-être une pseudo-thérapie, peut-être ma liberté d'expression, de pensée.
Alors, oui, en lisant ce blog, je sais comment je vais. Je ne vis et je ne vais pas comme je voudrais, mais je suis vivante, même si douloureusement vivante.
Je vis avec ma souffrance, mes défauts, ma culpabilité, mes imperfections, ma tristesse. Mais je vis aussi avec ce sourire réflexe au coin de mes lèvres, mon petit cheveu sur la langue, ma curiosité, mon coté "mère-michue" qui tire le rideau dès qu'elle entend un bruit dans la rue...
Je vais.
Pour m'exorciser en ces temps de pré-halloween, une chanson positive..
Dessin extrait de "Pour ne plus VIVRE sur la planète TAIRE" de Jacques Salomé.
*SAPPE= Sourd, Aveugle, Pernicieux, Pervers, Energétivore; en opposition à la méthode ESPERE= Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle
Week-end un peu brouillon, comme dans un entonnoir ou dans une passoire.
J'ai filtré et j'ai laissé filé ce que je voulais dire, ce qui me tenait à coeur, ce pourquoi j'avais mal.
Mes larmes sont venues bien trop tôt dans le voyage, comme des pré-larmes.
Celà m'a permis de rester ensuite sobre "en émotion".
Elles me sont retournées ensuite au travers de la fenêtre de cette même voiture, les gouttes piquantes sur mon visage m'ont fait fermer les yeux, clôre mes paupières sur le premier degré du week-end.
Je me suis alors aperçue que j'avais oublié d'emmener avec moi la demi-mesure, comme la pédale qui atténue les sons du piano.
Alors le décalage est devenu moins profond, et j'ai réalisé à nouveau que chacun d'entre nous avait son petit "truc" pour rendre sa vie exceptionnellement propre à soi.
Cependant le formidable, l'extra, le sublime, le somptueux, ne se rencontre pas à chaque coin de rue, et je préfère, Moa, l'utiliser au compte goutte et à bon escient.
J'étais alors dans mon coin, je m'étais mise à part dans mes pensées, j'avais froid. Je grelottais presque parce que j'étais en manque, en manque d'autre. L'idéalement autre.
Au travers du brouillard que j'avais installé, il m'a tendu sa main, chaude et vivante, comme par magie, ou enchantement, et sa chaleur m'a convaincue qu'il est bon de se sentir vivante.
Même si parfois le gris m'appelle à lui quand je cherche en vain le parfait.
Ce soir sur Arte, le dessous des cartes m'a rappelé ces inégalités. Allez voir là, l'émission est rediffusée ces jours là. Et le dernier volet sera ici.
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