tisser les liens
Je suis fainéante. Si, si c'est sûr.
Voilà l'homme parti ce soir accompagné de sa petite raquette et de ses ba-balles pour son entrainement bi-hebdomadaire, les enfants gentiment couchés (alors que j'écris, il y en a un qui manifeste l'envie de boire, histoire de traîner dans le coin et repousser le moment de dormir, mais bon ...).
Et moi, presque en plein dilemne. Si, si. Bloquée entre la cuisine et l'ordinateur qui m'appelle: "viens viens ! t'auras juste à t'assoir et regarder l'écran !". Et si vous avez un peu suivi (quoique je ne m'en suis pas plainte depuis un moment), je ne suis pas la grande pro de la cuisine.
Et pourtant.
N'est-il pas agréable de rentrer chez soi le soir,
- avec l'odeur du bon p'tit plat préparé "avec amour" par l'être cher ?
- la cuisine nette & proprette ?
Je l'admet, je n'excelle dans aucune des deux catégories, et je l'admet aussi, j'y met toutes les pires volontés du monde.
Pourtant je fais d'excellentes courgettes farcies, pizzas, gratin dauphinois, moelleux au chocolat, boeuf bourguignon..
[et là vous vous posez la question, si cela ne s'est pas déjà produit plus haut, pourquoi elle nous a mis en titre "tisser des liens" ? Mais j' y viens, j'y viens]
[dire aussi que j'aime particulièrement ces petites parenthèses carrées (ont-elles un nom?) dont j'ai découvert l'usage il y a un moment chez Christie, et en début d'année chez g. , voilà vous savez tout
ou presque !]
Donc, la cuisine.
J'ai finalement résisté à l'ordi, et me voilà au milieu de ce b*#%°l, une tonne de vaisselle (et oui c'est mercredi la journée des enfants et je crois bien que ça n'a rien à voir ), et des denrées périssables à mettre au frais si je ne souhaite pas faire un élevage de Pénicilline.
J'attrape une boite et y met les pates (ce qui m'amène à imaginer l'homme en train de tirer à pile ou face; pile: la cuisine sera rangée, face : c'est pas grave j'ai l'habitude ), une autre boîte pour les saucisses lentilles [ à noter: grosse difficulté à prendre la décision de couper la saucisse en deux car elle ne rentrait pas dans ma boite... ben oui, c'est balot. ]
J'en reviens au sujet dudit titre. [ le thon ton sera donc un peu moins léger, quoique les lentilles vous les digérez bien vous ? ]
Les liens
S'assurer que les liens existants tiennent bon, entretenir l'amitié dit-on même. Voire renforcer les attaches qui tiennent parfois par l'opération du saint esprit.
Peut-être que cela pourrait rejoindre la note des disputes.
Sait-on de quoi demain est fait ?
Se sent-on suffisamment fort physiquement et moralement pour vivre sa vie de manière isolée et peut-on tenir dans la durée ?
Peut-on vivre égoïstement ses petits bonheurs personnels sans les partager avec d'autres bulles ?
Pour une fois, j'ai la réponse, parce qu'il n'y en a qu'une.
Non.
Voilà pourquoi j'apprends régulièrement à lier des relations nouvelles, qu'elles durent ou non, à entretenir celles qui existent, même si je ne vois qu'une fois l'an certains amis, je ne les aime pas moins. Au contraire même.
Curieusement, j'ai en tête une résidante de la maison de retraite. Cette femme là, est quelque part mon exemple en relations sociales. Cette personne de presque 90 ans a perdu son mari puis a décidé d'entrer en instituion.
Chaque jour, elle arrive en retard au repas du soir, et savez vous pourquoi ?
Chaque jour -ou presque- ses amis viennent lui rendre visite, chaque jour elle a au moins 5 coup de fil. Des amis de longue date (une amie rencontrée lorsqu'elle même a fait l'école d'infirmière, elle avait alors 18 ans), et des plus récents. Toute sa famille l'entoure, et tous ces cercles qui s'y lient dégagent une profonde affection.
De prime abord, je me disais -et d'autres ont dû se le dire- quelle chance elle a !
En effet, elle a cette chance.
Mais il semble évident qu'elle a semé les graines, entretenu son grand jardin longtemps et qu'elle n'a jamais cessé de récolter en retour toute cette amitié, toute cette affection.
Voilà pourquoi, ces deux derniers jours, j'ai décroché mon téléphone et appelé les amis de coeur que je n'ai pas vu depuis un moment. Leur dire que je pense à eux malgré le temps, malgré l'éloignement, et leur dire sans le dire que je souhaite qu'ils soient là longtemps, pour eux, pour nous, ensembles.
Voilà aussi pourquoi, il est nécessaire de mettre sa petite fierté dans sa poche, d'oublier les "mais il ne m'a pas rappelé" ou les " c'est toujours nous qui appelons", etc...
Parce que les liens d'amitié valent mieux que ça.
L'amitié se donne et s'apprend.
Et l'amour ?













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