Je perds, je gagne.
Un grand calme avant. Comme lors des jours de neige, que j'attends sans le dire. Avant de comprendre, avant de m'accorder le droit, trouver les mots pour dire que certaines relations sont destinées à finir.
Oh! ce joli mot "destinée", il me hérisse en silence moi la révoltée de l'anti-destin. Où vais-je donc ?
Finir, enfin ?
Mercredi matin, il a mis cette chanson. Innocemment ?
Au réveil, mon réveil tardif. Elle a accompagné ce nouvel éveil, et laissé les autres derrière. Elle m'a soufflé combien j'ai idéalisé ce que j'ai perdu, ce que je n'ai plus. Les boucles d'oreilles fétiches de mon adolescence, l'ourson feutré avec le temps, l'innocence, la spontanéité, les promesses d'amours.
Les confidences de certaines collègues, méfiantes aujourd'hui devant mes nouvelles fonctions, perdues.
Les rires des autres dans mon coeur, gagnés.
La solidarité, gagnée.
Les appréhensions perdues, mais pas en désespoir de cause.
Ma confiance, celle qui revient.
Je regarde le cadre que je m'efforçais de faire reluire jour après jour (vous savez celui avec les dorures autour, celui qui rend tout beau). Je l'ai encensé pour qu'il me garde encore un peu en dedans. Qu'il veille sur ma place, que je sois assurée de la retrouver si je venais à m'égarer -rien qu'un peu- ..
Alors battre des pieds, rester juste à hauteur d'homme, endurer du vivable, avancer à mon rythme, à ma façon.
Perdre oui. Apprendre à perdre comme à l' accoutumée. Je sais.
Mais savoir gagner, apprécier les difficultés pour le "plus" d' ensuite. Tout un chemin à conquérir.















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