Quand on prend le train, le grand train, deux fois le week-end, on voit tout plein de visages, des drôles, des vieux, des sympathiques, des tristes, des qui vous rappellent quelqu'un.
Quand on voyage, on traverse des lieux différents les uns des autres, des endroits chaleureux, d'autres moins, voire effrayants, qui vous donnent envie de fuir, et d'autres qui réveillent des souvenirs, heureux-malheureux.
.Les visages familiers, je les observe jusqu'à les dévisager et en être presque mal à l'aise. Alors je change mon champ de vision, je l'oriente autrement et me met à fixer le paysage qui défile toujours plus vite.
Seulement dans le reflet de la vitre, les traits familiers se sont mis à m'épier à leur tour. Qui n'a jamais joué ce jeu ?
Je feins de ne pas le remarquer et plonge mon attention dans les lignes d' Humanitude. En suis-je flattée, de cet examen indirect sur ma personne ou est-ce le juste retour de mon insistance ?
Toujours est-il que je pulse plus rapidement ..
.Tandis que je frôlais l'hôtel de la gare un peu plus tôt, la mémoire qu'il héberge toujours est venue me titiller. M'entortiller. Sa porte fermée, le rideau en métal définitivement baissé laissent passer mes souvenirs, ces rappels d'étreintes heureuses, d'échanges tendres et secrets.
J'ai frôlé l'hôtel, je l'ai regardé dans toute sa hauteur et je l'ai trouvé bien triste, les volets clos, grisonnant lui aussi.
Je me suis enfouie [enfuie] dans le souterrain de la gare puis j'ai fait les quatre cents pas en attendant le train.
Les départs en train m'angoissent souvent. Seulement, ils me permettent de vagabonder physiquement et psychiquement. Du passé au présent. Voilà pourquoi je suis obligée d'admettre que je n'aime pas être accompagnée à la gare. J'ai grand besoin de cette transition.
Cet endroit où je ne suis personne et où je suis moi.
Seule, sans attache à un instant précis. Cette liberté alors exacerbée parce que vécue seule.
[mais le partage, où est-il ? .. Peut-on partager sa liberté ??]












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