Voilà bien longtemps que je voulais l'écrire cette note. Mais comme un fait exprès, les mots, ces coquins, n'arrêtaient pas de se défiler. Comme pour me défier. Ah ah !!
Nous avons déménagé il y a maintenant 9 mois. Et je ne pensais pas me faire autant de connaissances en si peu de temps. Moi la timide! Je remercie mes enfants bien entendu d'aller à l'école, de se faire des copains, et merci aux copains d'avoir des parents.
Moi la timide, la frileuse de s'engager, l'allergique aux relations superficielles, et oui, moi, j'y trouve mon compte pour une fois. Et je me dis que parmi ces relations, amicales, polies pour certaines, je suis persuadée d'arriver à faire mon petit "tri" et d'y trouver ce dont j'ai besoin.
Alors pour une fois, j'accepte la superficialité comme le début de ces relations. Et j'ai même des préférences dans ces futures amitiés.
Il y a bien entendu celui du
déménagement, du changement de cadre de vie, (du changement de
mensualités :-/), mais il y a aussi ici. En ce moment je n'écris pas, même dans le fameux cahier bleu, rien. Aucune inspiration, moins d'envie. Je vous lis toujours. Pourtant j'ai le temps d'écrire car pour des raisons médico-physiologiques, je ne travaille pas. Je suis entourée de nombreuses conditions suspensives (et oui j'ai adopté le langage bancaire & notarial) et la seule chose à faire est d'attendre. Attendre et me reposer. Attente que je vénère comme vous le savez !
J'apprends à prendre mon "mal" en patience, et je regarde, je délègue, je râle, etc...
Et je vais bien malgré.
Nénuphars ~ Jardin botanique ~ Strasbourg 2008
Se peut-il que je donne un tournant ici, ou plutôt, que j'en prenne un ?
Il est des instants comme ceux-là où on perçoit les choses autrement, où elles nous entourent tant qu'on a bien envie de s'y complaire et d'essayer, par curiosité, de les explorer davantage. Ces moments là où quelque chose d'à peine perceptible se produit. Un échange de mots, un regard, une façon d'approcher. Un accent chantant.
Ces minutes là donnent envie de rester, de baigner dans ce bien être que me procure les yeux d'un autre posés sur moi, cette façon de me parler, cette bienveillance rassurante ou bienveillante réassurance.
Vagabonder un peu sur ces idées pour finalement admettre que, simplement, il existe des personnes humaines, encore ! Et qu'il est bon d'en côtoyer parfois.
Et vous, quelle est la dernière humanité ressentie récemment ?
Vous avez probablement vu et/ou entendu les campagnes de sensibilisation au don d'organes et plus exactement campagne de réflexion sur ce don.
Ce sujet m'interpelle depuis des années, et a été l'occasion de confrontations et échanges houleux avec certains membres de ma famille.
Alors que.
Des croyances à respecter chez les uns, des idées reçues pour certains, une acceptation pour d'autres.
Arno n'aime pas que j'aborde le sujet et pourtant il le faut bien non ?
Bien sûr cela nous projette sur la mort de nos proches, des personnes que l'on aime et la notre.
Mais ne pas savoir le moment venu reviendrait, pour moi, à dire que je suis passée à coté de lui, sans me soucier de ce qu'il désire après. Ne pas savoir le moment venu ajouterait de la souffrance.
je me lance avec Deezer et c'est bien plus simple !
Ce soir j'ai attendu une heure qu'un agent immo se pointe. Hier il était overbooké, et ce soir, le bon gros lapin il l'a posé sans même appeler (moi je me dis que c'est un con fini, mais si ça se trouve c'est la secréteuse qui ne lui a pas transmis le message), (comment ça y'en aurait des choses à dire sur les secrétaires ? ) (Comment M'man?). Je ne lui leur laisserai pas de troisième chance.J'ai donc appelé une autre agence.
Ils viennent demain. Enfin il vient. Parce que figurez vous que mercredi, ils sont venus à deux pour métrer l'appartement (non ce n'est pas un gigantesque loft, ni un studio, mais venir à deux, ils abusent), d'ailleurs ça fait penser à un déploiement de forces "attention c'est nous que vlà, toc toc badaboum, etc.. " Splendide !!!!!!! (à prononcer façon The mask). Mais je m'égare .. Oui, ils étaient deux : un qui prend les mesures avec son super sabre laser et l'autre qui note précautionneusement sur le bloc. Nan mais je vous jure, ridicules ils étaient. Et le plus commercial (parce que ce n'était vraiment que ça, du commerce), s'est permis quelques familiarités avec les enfants. [ "Oh maman choisis les eux, ils sont trop gentils" ... et bientôt: "ils sont trop bien coiffés" avé le gel qui va bien, you see ? ]
Je suis mauvaise, hein ?
[oui je le suis et ça fait du bien]
la belle photo que voilà, Whisky qui, tout à l'heure était en plein 1/4 d'heure de folie à courir après Agathe (2ème chat), des fous furieux je vous dit !. Et l'œuvre éphémère de Chloé immortalisée, sur le beau futur ex carrelage de la future ex salle de bain [c'est lourd tous ces ex non ?].
[j'ai oublié de vous dire que j'avais participé à un congrès les 31 mars et 1er avril derniers, super intéressant-motivant-etc.. sur les soins infirmiers à la personne âgée, bien bien bien !]
[et aussi, Chloé et Arno ont une année de plus depuis le 30 mars] [même qu'on a fait une course aux œufs avec les copines de Chloé, et qu'elles en ont redemandé !]
[nous aussi, nous avons participé à la course aux oeufs, F-O-R-M-I-D-A-B-L-E !! ]
Je ne suis pas en panne. Je suis peut-être en peine.
En peine de ne pas parvenir à me
protéger de tous les flux. D'être ce végétal,
cette éponge lorsque je ne m'y attend alors plus.
Et cette vilaine impression, ou
sentiment d'être redevable pour chaque jour qui passe.
Redevable, coupable, tout ça fini de la même façon. Minable, justiciable, pendable, mais
aussi affable, louable, serviable, valable, ...
Ma fille, ma Chloé, souffrante
depuis quelques jours, m'a dit hier deux mots.. Et ses deux petits mots ont illuminé
ma journée
Ma Chloé, notre Chloé.
Merci Maman. Ma fille de bientôt huit ans. Vous vous rendez compte, 8 années.. Je suis Maman depuis ce peu de temps ! Lui suis-je redevable de ce merci ? m'est-elle redevable de prendre soin d'elle ?
Pourquoi ces vilaines impressions viennent alors se mêler à l'amour filial ? Pourquoi de ces sentiments parasitaires viennent-ils greffer les purs, les beaux, les simples ? Ces derniers sont-ils simplement, purement et idéalement utopiques et solitaires ?
Vite, vite, je vais chercher la montre portée à réparer 6 mois plus tôt. Et là. Là, je me maudis, je maudis ma maladresse.
6 mois auparavant: J'ai eu cette montre entre les mains, l'objet qui appartenait au grand-père d'Arno. Et je l'ai laissée tomber. Mais si elle marche, mais non elle ne marche plus. Mais non. Mais si. Je la ramasse, je la secoue, je guette le fameux tic-tac. Et rien.
J'ai donc récupéré, quelques jours après Noël, la fameuse montre. Et je maudis toujours ma maladresse (parce qu'elle me coûte cher !)
Seulement, je mets ce petit tracas sur le compte de 2007. Et suis heureuse qu'on ait changé de chiffre. Pas vous ?
Ma dernière pignouferie ?
30 décembre 2007: je décide de ne pas utiliser de tabouret ni de faire appel à l'homme pour attraper une boite de gants, je prépare mon saut en hauteur, j'attrape ma boite et vlan: j'écrase mes orteils du pied droit, voyez par vous même:
un tour aux urgences pour vérifier que rien n'est cassé, et rien n'est cassé.
Un ami voisin, aussi maladroit que moi (voir plus en fait), nous a offert ce livre qui est fort à propos et en quelque sorte, rassurant... (et oui on se sent moins seul dans ces petits aléas )
en bref:Ca nous est tous arrivé un jour... le désarroi devant la machine à
laver qui restitue un nombre impair de chaussettes ; la haine envers le
pied de table sournois contre lequel se heurte violemment le petit
doigt de pied ; la rage envers le semi-remorque qui cache
systématiquement le panneau sur l'autoroute ; ou enfin ce don inné pour
chercher d'abord dans la mauvaise poche...
Ce
sont les odieux petits tracas du quotidien. Contre eux, il n'y a
pratiquement rien à faire. Si ce n'est de leur donner enfin un nom,
comme on ferait d'un virus ou d'une nouvelle espèce de moustique
hargneux. Car, à défaut de les neutraliser, nous pourrons enfin les
faire sortir de cet anonymat trompeur et les exposer à la face du monde.
Dans ce dictionnaire, j'ai appris que:
le fait de se prendre la manche dans la poignée de la porte un bol de café à la main se disait "abrataphier",
beccari signifie accélération cardiaque lors d'un contrôle de police alors qu'on a rien à se reprocher
Chacard m'est familier puisque il s'agit du pied de table contre lequel vous vous heurtez violemment le petit orteil.
Donc la maladresse. Elle me suit depuis un moment déjà et je vais faire mentir les lignes plus haut qui accablent 2007. Ce n'est pas l'année en cause mais seulement moi et mes deux mains, pieds, maladroits. De l'inattention ? De la rêverie ?
Finalement, il semblerait que ma dernière maladresse date du 1er janvier.
La fin de l'année, le froid, le soleil qui parvient malgré tout à percer et à réchauffer l'atmosphère, la nouvelle fenêtre PVC de la salle de bain, le carreleur qui vient faire un devis et qui se la joue "moi-je", les cadeaux dissimulés dans l'armoire de la chambre, le menu du réveillon enfin prêt, ma collègue qui va mieux, le moule professionnel que je me façonne et les bonnes perspectives pour 2008 héhéhhé...
Tout ça me plaît. Du neuf, du mieux, du mouvement
Cela veut dire que je peux choisir. Je peux choisir de me laisser envahir par le coté obscur de la force. Ou vouloir prendre la vie mouvante et émouvante en route. Oui. Je peux aussi me sentir forte -parfois- face à d'obscurs éléments, avoir l'impression de briller -presque- devant tant de noirceur. (vite prendre une couverture pour dissimuler mes éclats de vie, éviter d'attirer trop l'attention, comme toujours) Je peux voir de temps à autre des connaissances, collègues, amis, être happés par cette même force sans pouvoir intervenir, sans vouloir. Devant toutes ces bribes fluctuantes de vie, je pourrai davantage perdre pied comme ça a été le cas par le passé (loin loin je le pousse le passé).
Et dire qu'hier je voulais renoncer.
Et dire qu'hier je ne supportais pas Prince et qu'aujourd'hui j'attends son prochain concert avec impatience. Allez comprendre !
Mardi 11 décembre, je me suis rendue à la journée de Rencontres organisée par France Alzheimer.
Rien de nouveau pour moi, si ce n'est la confirmation qu'il faut pour nous, soignants, se former, se former, se former. Toujours. Apprendre encore, et apprendre à regarder nos pratiques avec du recul. Y réfléchir. Souvent. (si j'oubliais, chose nouvelle, j'ai vu et entendu notre ministre de la santé en direct live, en chair et en os, même qu'elle s'est adressée à nous en disant "mes chers amis". Chui trop émue !!) Bon bref.
Communiquer, communiquer, communiquer, avec les personnes atteintes par la maladie, l'entourage aidant. Et ne jamais s'arrêter même s'il n'y a qu'une seule issue. Garder le contact, maintenir l'échange avec la personne malade, jusqu'au bout.
Continuer à dessiner la vie avec le même si. Même si la personne malade n'est plus celle qu'on connait. Même si elle peut nous faire peur, même si on a envie de fuir. Même si on n'a pas choisi.
Je dis on, parce que demain, dans 10 ans, dans 20 ans, je peux être amenée à prendre en charge un proche atteint de cette pathologie. Je peux être amenée à ne plus y voir clair, je peux ne pas vouloir demander d'aide quand il sera temps. Je peux me sentir seule alors, épuisée, culpabilisée.
Lundi soir je suis sortie. Si si. Non pas pour fêter l'opération réussie de ma Mamoun ce même jour. Non.
Pour renouer avec une amitié qui a mal démarré. Pour apprendre à nouveau les sorties entre filles ~ femmes & mères maintenant. Dire du mal des Hommes, rire des exploits des enfants, aborder des thèmes importants et d'autres glauques (mais tout aussi importants hein !), tout en restant certainement un peu sur mes gardes. Une soirée pour moi, sans culpabilité. Une soirée pour me rappeler aux autres.
Les autres qui vivent, grandissent, souffrent, etc.. comme moi
Suite à l'invitation indirecte d'Immemory sur nos lectures du moment, je poursuis gentiment le livre d'Erik Orsenna "la grammaire est une chanson douce", serais-je en quête de mots et maux de ces derniers temps ??
ou simplement en quête ..
de solutions créatives, à défaut de solutions tout court.
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